Quand on parle de bière et qu’il faut lui associer un pays la Belgique et leur Jupiler arrive en tête.

Entre tradition ancestrale et évolution de la profession les belges sont en effet des pionniers de l’histoire de la bière. Arrivée sur les terres du plat pays pendant l’Antiquité la boisson fermentée suit la tendance européenne d’une boisson alors assimilée aux barbares en opposition avec le vin de l’empire Romain. Comme ailleurs en Europe, ce sont les moines qui détiennent une grande partie de la production de bière au Moyen-Âge.

Cependant la ville de Liège sera la première à autoriser la production à domicile de bière dès 974 par décision de l’empereur Otton II. Chaque citoyen pouvait alors produire sa bière et même en vendre son excédent. Pour évaluer la qualité d’une bière les liégeois pratiquaient le système de la bière sur le banc. Après avoir goûté les saveurs de la boisson la coutume indiquait de renverser sa bière sur un banc et de s’asseoir dessus. Après un certain temps d’attente il fallait se lever et si la culotte restait collée au banc la bière était jugée de qualité.

Les abbayes se dotent progressivement d’outils de brassage comme à l’abbaye de Grimbergen dès 1128, l’abbaye de Dinant ou sera produit la Leffe ou encore l’abbaye d’Affligem dès 1086 qui serait la première à utiliser du houblon. Le mythe de Gambrinus roi de la bière viendrait de Jan Primus le Duc de Brabant au nord de la Belgique : il symbolise la bonne humeur et la fierté de la bière belge. Toujours au Moyen-Âge les brasseurs commencent à s’organiser en corporations à Bruges dès 1303 et à Liège à partir de 1357.

Pionnière, la Belgique l’est aussi en ce qui concerne les bières trappistes et leur reconnaissance. C’est en 1595 qu’est fondée la première d’entres elles à l’abbaye de Saint-Rémy qui produit la trappiste Rochefort. Ce n’est qu’en 1794 qu’est créée la bière trappiste Westmalle célèbre dans le monde entier après avoir commencé à être commercialisée en 1870. Les non moins célèbres Westvleteren et Chimay voient le jour à la même époque et pour être reconnues ces abbayes s’allient pour déposer la marque de “bière trappiste” qui est enfin reconnue par la cour de Gand en 1962.

Il en va de même pour les fameuses Gueuze-lambic qui obtiennent reconnaissance par la loi pour cette méthode de fermentation spontanée. Les Belges font ainsi de nombreuses distinctions comme entre les bières trappistes citées plus haut et les bières d’abbaye qui ne sont pas produites en abbayes comme Leffe ou Grimbergen mais tiennent leur nom d’une méthode de brassage. Véritable tradition en Belgique la bière et sa reconnaissance doit beaucoup aux brasseurs belges qui n’ont cessé de faire évoluer le brassage.