L’Egypte accordait durant l’Antiquité une place considérable à la bière au sein de la société. Ainsi lors du processus sacré des funérailles, et pour préparer le voyage dans l’au-delà, la bière était avec le pain le nécessaire de survie. On retrouve alors en Egypte différentes sortes de bière selon le rang social, et ce qui s’apparente alors à la bière résulte de la fermentation du pain dans de l’eau.Tandis que les bières réservées aux hautes sphères de la société proviennent d’une fermentation moins riche en eau et sont plus fortes, les bières plus riche en eau et moins fortes sont dédiées aux grandes fêtes populaires et aux personnes de rang inférieur. Les plus aisés pouvaient même les aromatiser avec des dattes ou encore du miel pour donner plus de saveur.

Lors d’expéditions dans le désert les Egyptiens prenaient soin d’amener un boulanger et un brasseur pour subvenir aux besoins de tous. La société égyptienne tourne alors autour de la bière, chaque foyer brasse sa propre recette pour ses besoins personnels et des brasseries s’occupent d’approvisionner les hautes sphères de l’État. Dans ces brasseries le contrôle de la qualité de la bière passait par ce qu’ils appelaient le « pesou » sorte d’indication sur le degré d’alcool qui variait selon pour qui et pour quels événements était brassée la bière. Ce travail était tout d’abord destiné aux femmes ce qui peut prêter à sourire tant le métier de brasseur est fortement connoté au masculin aujourd’hui. Que ce soit lors de fêtes populaires ou religieuses les recherches ont montré que les Egyptiens s’adonnaient à une ivresse à outrance jusqu’à même vomir ce qui attestait d’une fête réussie. En effet les hiéroglyphes et écrits expliquent que s’enivrer rapprochaient le commun des mortels des déesses comme Osiris et Hathor.

Au delà de ses vertus festives la bière était aussi utilisée pour ses vertus médicinales par un peuple égyptien réputé dans le monde pour sa médecine efficace. Ainsi la bière soignait entre autres les maux de ventres, la constipation et était même prescrite en gynécologie et dermatologie. Le culte n’étant jamais loin la déesse de la bière Meneket était vénérée par les Egyptiens qui ne manquaient pas une occasion de faire offrande du liquide sacré. Dans l’interprétation des rêves chère aux Egyptiens la bière était un bon présage, Freud n’a qu’à bien se tenir.