Aux origines de la bière, le continent Africain détient une place particulière dans le marché de la bière aujourd’hui. Marché porteur et en développement les multinationales tentent aujourd’hui de se tailler la part du lion.

Un petit flashback s’impose : vers quatre millénaires avant notre ère seraient attestées les premières traces de brassage dans la région éthiopienne à base de sorgho appelé aussi dourah. Le brassage se répand de manière artisanale et informelle sur le continent entier. La diversité climatique propose alors une diversité des produits utilisés pour brasser la bière. Le sorgho, le mil ou encore l’orge restent les plus répandus. Le maïs apporté par les Portugais durant la colonisation sera ensuite utilisé pour le brassage de boissons fermentées. Plus original on retrouve des bières à bases de patates douces dans la région des grands lacs ou encore l’urngwa une bière de banane.

L’industrialisation en Europe des brasseries et la colonisation implique au XIXè le début de l’exportation comme avec Guinness qui dès 1827 expédie ses bières au Libéria avant de s’implanter au Kenya. En Algérie l’industrie brassicole s’organise autour de La Gauloise dès 1880 et en Afrique du Sud les South African Breweries ouvrent en 1895. L’essor d’un tel marché n’échappe pas aux grands groupes industriels qui ne tardent pas à s’emparer du marché. Les industriels belges profitent de l’implantation de leur pays au Congo pour infiltrer ce nouveau marché depuis Brazzaville. Acteur plus inhabituel la fratrie Castel un des leaders mondial du vin s’intéresse à la bière en Afrique et s’implante entre autres au Cameroun. La dépendance aux européens s’organise autour des matières premières comme l’Allemagne qui fournit le Togo et la Namibie.

Après les indépendances l’Afrique tente de se sortir de cette dépendance européenne mais essuie quelques échecs. En 1984 au Burkina Faso est lancée la Brakina qui fera tomber malade les consommateurs la faute à une eau mal filtrée et une pasteurisation douteuse. La brasserie sera reprise par le groupe belge Artois avec l’aide de Coca-Cola. Les tentatives indépendantes connaissant quelques échecs ce sont 4 groupes qui se partagent la majorité du marché africain de la bière. On retrouve l’héritier des South African Breweries SABMiller, le français Castel, l’anglo saxon Diageo (Guinness) et le géant Heineken. Loin d’une concurrence féroce ces groupes s’accordent même pour le rachat de nombreuses brasseries indépendantes. Le continent africain n’échappe cependant pas au renouveau des brasseries artisanales et c’est en Afrique du Sud qu’elles prospèrent le plus avec l’émergence des classes moyennes. Encore un peu tôt pour parler de retour vers l’artisanat en Afrique mais cela en prend le chemin.